Je m’approche, échange quelques mots, demande parfois une image. Les refus modifient progressivement cette façon de travailler et m’obligent à trouver d’autres distances. Certaines photographies naissent d’une rencontre assumée, d’autres demandent au contraire de rester en retrait et de saisir une scène sans en interrompre le cours. Ma manière de photographier devient alors plus instinctive. Je dois décider rapidement comment entrer dans l’image : m’approcher, attendre ou déclencher presque dans le mouvement. Cette tension finit par structurer la série autant que les sujets eux-mêmes. À travers les rues, les visages et les scènes rencontrées, je cherche à restituer quelque chose du Maroc tel qu’il se présente à moi. Non pas une image construite à l’avance, mais une expérience traversée au rythme de la marche, des rencontres et de ce qui surgit devant l’appareil. La série s’est construite dans cette alternance entre proximité et retrait, avec la volonté de rester au plus près de ce qui se joue dans la rue.
Third trip to Morocco. I return with the feeling that something had been left unresolved during the previous journeys. This time, the camera is almost always with me. At first, I try to photograph people directly. I approach them, exchange a few words, sometimes ask to take their picture. The refusals gradually change the way I work and force me to find other distances. Some photographs come from an open encounter, while others require me to stay back and capture a scene without interrupting its course. My way of photographing becomes more instinctive. I have to decide quickly how to enter the image: move closer, wait, or release the shutter almost in motion.
This tension eventually structures the series as much as the subjects themselves. Through the streets, faces and scenes I encounter, I try to convey something of Morocco as it appears to me. Not an image constructed in advance, but an experience shaped by walking, encounters, and whatever emerges in front of the camera. The series developed through this constant shift between proximity and distance, with the intention of staying as close as possible to what unfolds in the street.